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- Ying Chen et Les lettres chinoises


Ying Chen est un écrivain francophone née en 1961 en Chine. Après avoir effectué des études de français à Shanghai, elle partit s’installer à Montréal en 1989 grâce à l’obtention d’une bourse d’études. Elle y poursuivit des études de français et d’écriture créative. C’est à ce moment qu’elle commença à écrire ses premiers textes, poussée par un besoin sûrement dû au dépaysement, explique-t-elle. C’est la langue française, qu’elle côtoyait au quotidien, qui s’est naturellement imposée à elle. Elle publia en 1992, La mémoire de l’eau, son premier roman, qui fut suivi de Les lettres chinoises. Son onzième et dernier roman à ce jour, La rive est loin, a été publié en 2013.
Les lettres chinoises est un roman épistolaire qui raconte la correspondance entre d’une part Yuan, jeune chinois immigré à Vancouver et sa fiancée Sassa qui doit le rejoindre et, d’autre part, Sassa et Da Li, amie du couple installée à Vancouver. Au fur et à mesure du roman le lecteur découvre les impressions de Yuan sur le Canada, les inquiétudes et la peur du déracinement de Sassa ainsi que les problèmes de cœur de Da Li.
La question de l’identité est au cœur de ce roman. Après son arrivée au Canada, Yuan questionne ses croyances et valeurs. Il se retrouve tiraillé entre ses racines et son pays d’adoption. Sassa, quant à elle, ne se reconnait plus en tant que chinoise et ne trouve plus sa place ni parmi les jeunes de son âge ni dans sa famille. Elle se sent étrangère chez elle. Cette thématique de la quête d’identité est récurrente dans les romans de Ying Chen et relève d’un caractère souvent autobiographique car elle se dit elle-même étrangère depuis sa naissance.
Ce roman permet aussi au lecteur de découvrir de nombreux aspects de la culture chinoise. Dans leur correspondance, Sassa relate à Yuan sa vie au quotidien, le déroulement des fêtes chinoises et les pratiques culturelles associées ou encore la nourriture. Yuan évoque quant à lui ses souvenirs.
Les aspects propres à la culture chinoise étant expliqués dans le cœur même du roman, le lecteur n’éprouve pas de difficultés à s’approprier l’histoire et à s’identifier aux personnages. Aucune note de bas de page ou de recherche supplémentaire n’est à effectuer et les quelques mots chinois employés sont toujours suivis d’une explication fournie par le personnage.
De plus, Ying Chen garde à l’esprit que le lecteur francophone n’est pas forcément familier avec la pensée chinoise aussi le guide-t-elle en inscrivant en italiques les mots qui ne portent pas la même charge culturelle en Chine et en Occident tels que liberté, étranger, ouverture, droits ou encore devoirs. Ces thématiques sont ensuite développées tout au long du roman à travers le questionnement des personnages.
Les lettres chinoises est un récit initiatique où l’on retrouve le questionnement et le cheminement des personnages dans leur quête d’identité, et se rapproche par là-même du roman d’apprentissage. Mais il s’agit aussi d’une initiation pour le lecteur qui se retrouve plongé au cœur de la culture chinoise, ses valeurs et croyances et est amené à questionner sa propre vision du monde.
Adeline Rochat


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