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- François Cheng, un auteur francophone chinois


François Cheng, auteur francophone et membre de l’Académie Française, est né le 30 août 1929 à Nanchang en Chine. A l’âge de 19 ans, il séjourna pour la première fois en France avec ses parents. L’année suivante, alors que ceux-ci décident d’immigrer aux Etats-Unis, François Cheng choisit de ne pas les suivre et de poursuivre ses études en France. Passionné par la culture française, il entreprend des études de langue et littérature avant d’obtenir un poste au Centre de recherches linguistiques sur l’Asie Orientale à l’École des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Après l’obtention de son doctorat, il enseigna à l’université de Paris VII puis à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales.
A la fois traducteur, poète, essayiste, écrivain et calligraphe, François Cheng a consacré sa vie à l’art et la culture. Parmi ses nombreux travaux, on retrouve des traductions de poèmes français en chinois ainsi que de poèmes chinois en français, des essais consacrés à la pensée et l’esthétique chinoise ou encore des monographies consacrées à l’art chinois ou bien à la poésie. Ce n’est qu’en 1998, alors âgé de 69 ans, qu’il publia son premier roman intitulé le Di de Tianyi, récompensé par le Prix Femina. En 2001, il reçut le Grand Prix de la Francophonie avant d’entrer l’année suivante à l’Académie Française, devenant le premier immortel francophone d’origine asiatique.
L’ensemble de ses œuvres est imprégné de sa double identité culturelle. Le dialogue entre l’Orient et l’Occident est un thème qui occupe une place centrale dans son travail et est particulièrement visible dans son second roman à travers les différentes thématiques abordées. L’éternité n’est pas de trop, publié en 2002, est le récit d’un amour impossible, tel Roméo et Juliette ou encore Tristan et Iseult transposé en Chine. Dans ce roman, François Cheng établit une véritable réflexion sur l’amour, la quête spirituelle, les traditions et la modernité en faisant dialoguer la culture chinoise et la culture française notamment à travers la rencontre du personnage principal avec deux missionnaires occidentaux.
Ce dialogue des cultures se retrouve jusque dans l’écriture des romans. La langue employée par François Cheng porte les caractéristiques poétiques de la langue chinoise où chaque mot, chaque nom de personne est formé à partir d’autres mots racines. Mais la poétique de ses romans est aussi renforcée par la culture française car comme il l’explique lui-même dans son ouvrage Le Dialogue, chaque mot, chaque phrase dans ses romans sont longuement pensés afin de répondre à l’exigence de précision et de justesse qu’offre la langue française.
En ce sens, les œuvres de François Cheng sont une véritable porte d’accès et de réflexion sur la rencontre entre la culture chinoise et française et plus généralement la culture orientale et occidentale.
Adeline Rochat


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