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- Métissage linguistique dans l’œuvre de Marguerite Duras

par Huyen-Ang Nguyen

Marguerite Duras, (de vrai nom Marguerite Germaine Marie Donnadieu), écrivain, dramaturge et scénariste française est née le 4 avril 1914 à Gia Dinh (Vietnam), d’un père directeur de l’école et d’une mère institutrice. Elle a passé presque toute son enfance en Indochine avant de rentrer définitivement en France à l’âge de 18 ans. Ce passé a fortement influencé les œuvres de Duras et a donné matière à certains de ses œuvres : Le Barrage contre le Pacifique (1950), L’Eden cinéma (1977), L’Amant (1984), L’Amant de la Chine du Nord (1991). Mais ces années passées à vivre parmi les gens pauvres de la terre coloniale, à entendre et à parler leur langue ont laissé les empreintes non seulement dans le contenu des œuvres mais aussi dans son écriture.
En effet, dans l’étude intitulée, Duras la métisse. Métissage fantasmatique et linguistique dans l’œuvre de Marguerite Duras, Catherine Bouthors-Paillart justifie qu’il existe une forte présence de la grammaire vietnamienne dans l’écriture de Marguerite Duras. Ce qui est souvent appelé la poésie dans son écriture, la « syntaxe musicale », semble refléter les tons et le rythme dans la langue vietnamienne. On retrouve chez Duras des phrases courtes, nominales, juxtaposées l’une à côté de l’autre, qui semblent n’avoir aucun lien entre elles et qui suggèrent plutôt que décrire ou raconter explicitement quelque chose, ce qui rappelle la syntaxe vietnamienne qui préfère la juxtaposition à la subordination, le nom au verbe. C’est ce métissage linguistique qui contribue à la particularité de l’œuvre de Marguerite Duras, une femme écrivain française mais qui se sent métisse dans l’âme.


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