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Delille, Bougainville, Laclavetine


L’abbé Jacques Delille (1738-1813) a eu des funérailles nationales le 1er mai 1813, comme beaucoup de poètes de son époque mais il demeure aujourd’hui méconnu. Ses œuvres poétiques, Les Jardins (1782), L’Homme des champs (1800), La Pitié (1803), L’Imagination (1806), Les Trois Règnes (1808), enfin La Conversation (1812) tracent le cheminement d’une création qui rencontre l’histoire et la nature. Qu’on ne se méprenne pourtant pas sur les dates de publication : la plupart de ces œuvres sont entreprises à la fin du XVIIIe siècle et appartiennent bien à une esthétique de cette époque. D’ailleurs, sa première œuvre a été une traduction des Géorgiques de Virgile, qu’il a publiée en 1769. Elle a été applaudie par la critique, bien que le travail ait été jugé particulièrement ardu. Elle lui a ouvert grandes les portes de la carrière littéraire. Voltaire lui-même a sollicité pour qu’il entre à l’Académie française, ce qu’il a obtenu en 1774. Par la suite, il traduira encore l’Enéide de Virgile et le Paradis perdu de Milton (publiés en 1806). Ces œuvres de traduction marquent du moins l’intérêt toujours vivace des Lumières pour la poésie épique, jusqu’à l’aube du Romantisme.

Louis-Antoine de Bougainville (1729-1811), officier de marine, a entrepris un voyage autour du monde qui l’a conduit dans le Pacifique et qu’il a publié en 1771 sous le titre Voyage autour du monde par la frégate du roi La Boudeuse et la flûte L’Etoile en 1766, 1767, 1768 et 1769. Nourri de l’Encyclopédie, il consigne dans son ouvrage tous les éléments susceptibles de décrire les pays traversés, les mœurs et les gouvernements, la flore, les langues…
En cela, qu’il l’ait lu ou non, il est le continuateur de Challe. Sa manière de décrire se veut objective, même lorsqu’elle rapporte paradoxalement les faits à ses goûts personnels. Son escale au Cap Bonne-Espérance livre un exemple de ce type de description narrative : son but demeure de rétablir, s’il est besoin, des vérités.

Jean-Marie Laclavetine, romancier, traducteur, est né à Bordeaux et vit actuellement à Tours. Il est membre depuis 1989 du Comité de Lecture des éditions Gallimard. Traducteur de l’italien, il a notamment traduit Savinio, Borgese, Sciascia, Brancati. Parmi ses dernières œuvres figure Première ligne (Gallimard, Prix Goncourt des Lycéens 1999). Entre Bordelais et Pays de Loire, le vin occupe une place importante dans l’œuvre de Jean-Marie Laclavetine.
Mais il s’est intéressé aussi, et tout particulièrement, aux paysages d’eaux dans Au Pays fainéants sublimes où sont décrits les reflets de la Loire « dans les boires et les bras morts, les mousses lumineuses qui gagnent les sables à l’étiage »… avec « un bonheur bouillonnant à l’insu du monde comme le moût d’octobre dans la pénombre des caves de tufeau, un bonheur puissant et calme, gonflé d’ivresses passées et à venir ».

(F. A.-D.)


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