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Gilles Ménage


Gilles Ménage (1613-1692)

Fils de Guillaume Ménage, avocat, et de Guionne Ayrault, il est né le 15 août 1613 à Angers et mort à Paris le 23 juillet 1692. Après avoir abandonné ses études de droit pour des raisons de santé, il devient abbé sans aller au-delà du sous-diaconat qu’il reçoit en 1648 ; il entre dans l’entourage du coadjuteur de Paris, Paul de Gondi, futur cardinal de Retz en 1643, mais s’en éloigne avec éclat en 1652 et, se rapprochant de la Cour, il s’attache à des banquiers comme Servien, puis Fouquet. Ses revenus ecclésiastiques lui permettent de donner tout son temps aux études et aussi, plus tard, à la vie de salon.
C’est un abbé fort savant mais assez pédant pour s’attirer les moqueries, tel le Vadius des Femmes savantes, créé à son image. Il tient salon et accueille le mercredi, en compagnie de Jean Chapelain et de Paul Pellisson, de nombreux savants et gens d’esprit et de lettres, ainsi que des femmes du monde comme Madame de Sévigné et Madame de La Fayette à qui il adresse des vers galants. Ces mercuriales lui permettent d’échanger avis et propos sur les idées du temps et la manière de les dire et même lui donnent l’occasion de polémiquer, notamment en 1644 avec Pierre de Montmaur et en 1650 avec Vaugelas, à propos de ses Remarques sur la langue française. D’ailleurs, La Requête des dictionnaires (ou Le Parnasse alarmé), satire en vers burlesques, imprimée en 1649 et connue bien avant, lui interdira de songer à l’Académie française.
Il fut sans doute meilleur polémiste que poète : ses Miscellanea, publiés en 1652, puis ses Poemata, augmentés et réimprimés au cours de sa vie, témoignent plus de ses connaissances linguistiques en grec, latin, italien et français que de ses dons poétiques.
Il est surtout connu par ses écrits sur la langue française dont il a participé au renouvellement, face au latin, en tant que langue savante et langue de cour. Mais c’est surtout par son traité des Origines de la langue française, publié en 1650, qu’il retravaillera toute sa vie (réédition en 1694 après sa mort), premier dictionnaire étymologique du français, qu’il fait montre de son intérêt pour une langue en pleine expansion, n’hésitant pas, contrairement à ses contemporains à garder les vieux mots et les termes provinciaux, même si nombre de ses étymologies nous apparaissent aujourd’hui curieuses.
En 1693, ses pensées et bons mots ont été recueillis sous la direction d’Antoine Galland et publiés sous le titre de Menagiana.

(F. A.-D.)


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