Accueil du site > La galerie de portraits > Sandrine Doyen Julien

- Sandrine Doyen Julien


Autoportrait de Sandrine Doyen Julien

Musicienne depuis la plus jeune enfance, la musique a toujours été pour moi un moyen d’expression pour vaincre mon manque d’assurance. L’apprentissage « classique » en école de musique me permettait de m’exprimer face aux autres, tout en n’étant pas l’auteur de mon discours, de mes notes, je les mettais juste en couleur, comme dans un tableau déjà en esquisse. Les activités manuelles me servaient de mode d’expression plus personnelle. Un intérêt croissant pour la science et tout particulièrement pour le fonctionnement du cerveau me faisait hésiter dans mon choix d’orientation scolaire. A l’adolescence, j’ai changé d’école de musique et j’ai intégré l’école nationale du Havre. La rencontre avec deux excellents pédagogues (formation musicale et musique de chambre) ont bouleversé mon regard sur l’enseignement musical jusqu’à présent un peu subit. Chaque été, je participais à des orchestres européens où le seul langage possible entre tous était la musique. Ces échanges de timbres et d’expression m’apportaient plus qu’une conversation dans une langue commune que nous aurions pu avoir. Parallèlement, j’ai découvert la musique contemporaine grâce à un ami compositeur qui nous faisait, ma sœur et quelques amis, participer à ses créations en public. Un autre langage avec des libertés s’offrait à nous. C’est à cette époque que j’ai découvert la musicothérapie, que j’espérais pouvoir un jour exercer. La faculté de Montpellier à l’époque, seule à proposer cette formation, ne formait que des personnes qui avaient de l’expérience. Un cheminement en conservatoire ne me convenait pas, lutter pour être le meilleur et s’exercer des heures entières seule avec son instrument ne signifiait pas pour moi plaisir et épanouissement. J’ai donc choisi une formation d’intervenant musical (CMR centres musicaux ruraux) qui m’a permis d’allier ma passion de la musique et la pédagogie. J’y ai découvert différents courants pédagogiques (Dalcroze, Baschet, Willems, Orff, Martenot, psychophonie...). Je me suis formée à d’autres pratiques instrumentales (flûtes a bec, guitare et piano d’accompagnement, chant) et bénéficié de cours de direction chorale. J’ai encadré des jeunes dans des colonies musicales. J’ai obtenu ensuite un poste qui m’a permis d’enseigner dans des écoles, des collèges, des écoles de musique, d’animer des ateliers pour des mairies. Rapidement, je me suis sentie impuissante devant l’échec scolaire et la souffrance de certains enfants, qui pourtant se révélaient et s’épanouissaient en musique. C’est à cette époque que l’inspectrice de l’éducation nationale de mon secteur, m’a proposé de prendre un poste d’institutrice, opportunité que j’ai accepté avec plaisir. Devenue mère de trois enfants en l’espace de deux ans, je me suis laissée portée par la classe, la famille et l’éveil musical. Mais mon désir premier étant toujours présent, j’ai repris des études de psychologie et d’art thérapie à l’université. Un court moment, j’ai mis de côté mes connaissances pédagogiques pour entrer dans le monde de la thérapie. Mais, avec le recul, je me suis aperçue que qu’ils étaient imbriqués et que seuls mes objectifs et mon cadre de travail feraient la différence. Mes études m’ont un peu réconciliée avec l’écriture, et j’ai accepté de co-écrire un livre sur le jeu dans les structures d’accueil pour les éditions Weka. Mon mémoire sur l’autisme m’a fait découvrir le handicap et son retentissement sur les familles. J’ai profité de la possibilité d’ années de mise en disponibilité pour m’installer en cabinet libéral et pouvoir travailler avec la cellule familiale des patients composés à 90 % de personnes en situation de handicap, en grosse difficulté scolaire.
Je reçois des adultes et des enfants en situation individuelle ou en groupe. Parallèlement je me déplace pour travailler en co-animation dans des centres ou des hôpitaux. J’ai fait de formidables rencontres dans le milieu associatif qui m’ont permis de mieux comprendre la détresse et la force des familles touchées par le handicap. J’ai suivi des formations courtes sur les différents modes d’expression non verbale et les méthodes comme TEACH ou ABA. Avant de dire au revoir définitivement à ma carrière d’enseignante auprès des jeunes, j’ai ressenti la nécessité d’enseigner auprès des enfants lourdement handicapés. Ces deux années ont été très riches en échanges avec les autres professionnels. J’apprécie maintenant de partager mon expérience et de sensibiliser les étudiants sur les problématiques du handicap et les bienfaits et méfaits du son dans la vie quotidienne.


Suivre la vie du site Suivi des publications (RSS 2.0) | Plan du site | Espace privé