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De quelques fruits


En français, le nom de l’arbre est, sauf exception, dérivé du nom du fruit à l’aide du suffixe –ier qui se réduit à -er après les consonnes ch ou g (ex. pêcher, oranger). Ce n’était pas le cas en latin où l’opposition entre l’arbre et le fruit était marquée par le neutre en -um pour le fruit (ex. pirum : « poire ») et le féminin en –us pour l’arbre (ex. pirus : « le poirier »). L’érosion phonétique conduisait à une confusion. Aussi a-t-on généralisé le féminin pour le fruit. Le masculin a accompagné le nom de l’arbre marqué par le suffixe –ier ou -er.

Certains noms de fruits viennent directement du latin, p. ex. poire (<perum) ou prune (<prunum), d’autres par des détours : ainsi « pomme » vient du nom générique pomum qui désigne le fruit en général, à partir duquel on a fait « pommier », « noix » est issu de nux (à la fois « noix » et « noyer ») à partir duquel on a fait « noyer ».

Certaines racines latines ont des origines plus lointaines : « cerise » (<cerasum) est emprunté au grec et Lucullus aurait importé ce fruit à la suite de sa campagne contre Mithridate ; « pêche » (<persicum) signifie « le fruit de Perse ».

D’autres fruits ont des origines plus exotiques : l’orange est venue de l’Orient par l’Italie (it. arancia< ar. narandj) et le o initial semble être dû à un rapprochement avec le mot or. Le citron est connu des Romains depuis longtemps et le mot français est un emprunt savant au latin médiéval citrus. L’abricot n’apparaît qu’au XVIe siècle et vient du catalan albercoc, lui-même issu de l’arabe d’Espagne ( albarqouq ) et du lointain latin praecoquum : « précoce ».

Le nom de la fraise est d’origine latine (fraga), celui de la framboise (XIIe s.) d’origine francique (*brambasi : « mûre de ronce ») et celui de la groseille (XIIe s.) a été emprunté au moyen néerlandais croesel. La banane, importée des côtes de Guinée par les Portugais au XVIe siècle, porte le nom qui est donné à ce fruit dans le dialecte du pays. Mais il était déjà connu au XIIIe siècle sous le nom de « pomme de paradis ». Si ce mot a connu un dérivé, le nom de l’arbre bananier, en revanche d’autre fruits exotiques comme l’ananas (anânâ) ou le pamplemousse (holl. pompelmous : « gros citron ») n’en ont pas. Le mot qui signifie « verger » a été emprunté au latin viridiarium, dérivé de viridis (« vert ») qui désignait un parc pour remédier à la carence de pomarium (« verger » en latin) désormais utilisé pour nommer l’arbre qui donne des pommes (à suivre dans notre lexique des mots de la table et à notre exposition du 23 au 29 mai 2016).



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