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« Dys » et enseignement des langues


Dyslexie, dyspraxie, dysorthographie, etc, sont autant de troubles de l’apprentissage qui ont intéressé les chercheurs en didactique et les praticiens de terrain. Comprendre le mécanisme de ces troubles, trouver des moyens de les compenser ainsi qu’accueillir et accompagner dans son apprentissage un élève concerné par un ou plusieurs de ces troubles sont autant de questions devenues depuis quelques années un des enjeux majeurs de la formation des enseignants du primaire et du secondaire et de la recherche en didactique.

Si l’on s’intéresse beaucoup aux enfants et apprenants touchés par ces troubles, l’on se penche en revanche moins sur les enseignants atteints par ceux-ci. Or comment enseigner une langue lorsqu’on connaît soi-même des troubles de l’apprentissage des langues et/ou de l’écrit ? Ces troubles se manifestent-ils dans toutes les langues connues du sujet ou bien seulement dans celle(s) qui est (ou sont) acquise(s) de façon précoce et dans un environnement pas ou peu institutionnalisé ? Quelles stratégies le sujet enseignant concerné par ces troubles développe-t-il dans sa pratique quotidienne ? Autant de questions passionnantes et utiles qu’il serait intéressant de traiter dans une étude approfondie.

Vaincre la peur de l’échec, développer des stratégies permettant de pallier les conséquences de ces troubles sur la pratique quotidienne, en classe et hors de la classe, instaurer une relation de confiance avec ses apprenants et parvenir à convaincre son public de ses compétences en dépit de la manifestation des troubles, tels sont les enjeux que doivent affronter aux quotidien les enseignants atteints par ces troubles de l’apprentissage, troubles qui persistent dans le temps et hantent bien souvent leur pratique enseignante tout en rappelant de mauvais souvenirs d’apprentissage, particulièrement chez les professeurs de primaire, les enseignants de FLM et ceux de langue étrangère, chez qui la rigueur est de mise et desquels on attend qu’ils soient irréprochables.
Ces enseignants représentent en outre un enjeu pour la meilleure compréhension des apprenants concernés par ces troubles : ils sont en effet les médiateurs dans le domaine, en cela qu’ils connaissent à la fois l’expérience et le ressenti des apprenants « dys » tout en étant sensibles aux problématiques liées à l’enseignement. Ils incarnent donc également un espoir pour ces apprenants et sont plus à même d’exprimer l’empathie et la compréhension nécessaires à l’accompagnement de ces apprenants.

Mathilde Cames

Bibliographie :
- Branciard, Laetitia. « La professionnalisation des enseignants du ministère de l’Agriculture sur les troubles Dys ». La nouvelle revue de l’adaptation et de la scolarisation. 2011/3 (N° 55)
- GARDER, Daniel. « Psychologie et didactique des langues : perspectives de recherche en psychologie du langage ». Études de Linguistique Appliquée n°72 (Oct 1, 1988) : 83.
- NAJJAR, Noha. « Troubles Dys : une solution compensatoire numérique efficace au service des activités d’apprentissage ». La nouvelle revue de l’adaptation et de la scolarisation. 2014/1 (N° 65)



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