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- La sociolinguistique comme appui pour la didactique des langues-cultures

par Léa Courtaud

Toute personne qui s’approprie une langue véhicule déjà en elle des imaginaires préconstruits.
A partir de son vécu, de ses expériences, elle s’est approprié des valeurs morales, esthétiques et idéologiques. Les représentations sociolinguistiques sont les imaginaires que les locuteurs effectifs ou potentiels ont d’une langue, sur sa difficulté ou sur son intérêt par exemple. Il peut s’agir également de représentations sur leur propre capacité d’intervention en tant qu’acteur social au sein d’une communauté linguistique. L’apprenant d’une langue se construit une part d’identité au sein de celle-ci, au travers des représentations sociolinguistiques et de leur dimension identitaire. Ainsi, des préconstructions et des croyances, individuelles et collectives, entrent en relation dialogique avec les connaissances sur les langues, qu’elles soient empiriques et/ou réflexives. P. Cichon et G. Kremitz rappellent que les représentations immédiates sur les langues sont souvent d’ordre esthétique : une langue est « mélodieuse », « dure », « belle », « laide »... Ces jugements reflètent la plupart du temps des opinions, c’est-à-dire « [...] les sympathies ou antipathies qu’un groupe ressent pour un autre et avec son importance sociale ». Il s’agit de la perception idéologique de la langue et des enjeux sociaux (dont des enjeux de pouvoir) qu’elle engendre, que l’on retrouve dans les sphères familiale, éducative, professionnelle ; l’individu/apprenant détermine son statut et son image à travers elles. L’appropriation d’une langue implique la (dé)construction de représentations liées à celle-ci. L’approche sociolinguistique permet d’acquérir le recul nécessaire, d’analyser ses propres représentations du monde, sa manière de penser, le système de pensée dans lequel l’identité se construit : l’importance de la conscience de soi apparaît clairement ici. Bibliographie indicative :

- BLANCHET P. (2012), La linguistique de terrain. Méthode et théorie. Une approche ethnosociolinguistique de la complexité. Coll. didact linguistique. Rennes : PUR. 193 p.
- BOYER H. (1996) (dir.), Sociolinguistique, Territoires et objets. Lausanne Paris : Delachaux et Niestlé. 288 p.
- CALVET, L-J. (1993), La sociolinguistique. Paris : PUF. 127p.
- KLINKENBERG J.-M. (2001), La langue et le citoyen. Coll. La politique éclatée. Paris : PUF. 196 p.
- MOREAU M.-L. (1997) (éd.), Sociolinguistique, Les concepts de base. Liège : Mardaga. 317 p.
- ROBILLARD D. (de) (2008), Perspectives alterlinguistiques. Paris : L’Harmattan. 302 p.


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