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Les mots du printemps


Le printemps est marqué, sur le plan religieux, par les cérémonies de Pâques, fêtes du passage vers un renouveau, de la résurrection du Christ, dans la tradition judeo-chrétienne. Elles s’accompagnent de traditions populaires variables selon les pays. Les plus répandues semblent être celles qui entourent les œufs dits de Pâques que les enfants cherchent dans les jardins et dont les représentations varient infiniment jusqu’à représenter de véritables œuvres d’art.
L’œuf vient directement du latin ovum tandis que ovale a été fait à la Renaissance sur le mot œuf. Les verbe qui lui sont rattachés sont tous d’origine latine : éclore vient du latin populaire exlaudere, pondre a pris en français un sens restrictif alors qu’en latin il signifiait largement « mettre, placer » comme l’espagnol ou l’italien actuels, couver a connu la même spécialisation si l’on excepte des sens figurés qui se sont développés au Moyen Age (au sujet d’un incendie, p. ex.). La coquille qui enveloppe l’œuf vient du latin conchylia, terme d’histoire naturelle, pluriel neutre devenu singulier féminin, de conchylium, emprunté du grec. Mais dans œuf à la coque, le mot coque a une origine différente : le latin coccum qui désignait une excroissance et s’est étendu aux enveloppes des œufs et des noix.
Le blanc de l’œuf était désigné en latin par le mot albumen dérivé d’albus « blanc » qui a donné au XVIe siècle le mot aubin (blanc d’œuf), remplacé par le nom de couleur blanc d’origine germanique, le mot albumine étant passé dans la langue scientifique. Le jaune d’œuf, avant d’être désigné par le nom de couleur, était appellé moyeu (mediolum < medius qui est au milieu), mot que Littré enregistre encore comme vieilli mais qui était bien vivant au XVIe siècle comme en témoigne cette remarque de Rabelais à propos des fouaces de Picrochole : « Fouaces faites à beau beurre, beaux moyeux d’œufs, beau safran, belles épices ». Les préparations culinaires s’expliquent d’elles-mêmes : à la coque, sur le plat, œufs durs, mollets, brouillés. L’omelette apparaît chez Rabelais en 1552 (sous la forme homelaicte) dont l’origine est problématique.
On le voit, le vocabulaire de l’œuf est profondément rural et, si l’on excepte quelques racines françaises, tout entier d’origine latine.
(F. A.-D.)


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