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Jules Verne


Jules Verne qui vient d’entrer dans la Pléiade est certainement l’un des auteurs ligériens les plus célèbres. Les liens qu’il a pu entretenir avec sa région natale ne sont pas tout à fait quantité négligeable dans une œuvre qui se déroule, il est vrai, pour l’essentiel, ailleurs.

Comme beaucoup de provinciaux, il quitte la ville de sa naissance à dix-neuf ans pour effectuer des études de droit à Paris et il ne reviendra que pour passer des vacances ou pour surveiller les études de son fils au lycée de Nantes en 1877, séjour qui lui permettra du reste de connaître le Capitaine Boyton qui venait de descendre la Loire revêtu de sa fameuse combinaison insubmersible, qu’utilisent les héros des Tribulations d’un Chinois en Chine. Quelques grands titres furent au moins partiellement écrits dans la maison de Chantenay (Les Enfants du Capitaine Grant, Autour de la lune), ou rue Suffren (Les Cinq cents millions de la Bégum), et c’est rue Jean-Jacques Rousseau que les œuvres de jeunesse virent le jour (drames, poésie, et Un prêtre en 1839), à quelques encâblures par conséquent du port de Nantes.

Ce dernier était au XIXe une porte ouverte sur le large, d’où partit l’adolescent qui découvrit l’Océan. L’adulte s’y embarqua pour l’Ecosse, puis l’adopta plusieurs années en tant qu’heureux propriétaire du Saint-Michel III. La proximité de la mer a compté à l’évidence pour beaucoup dans l’inspiration maritime qui anime un grand nombre des intrigues qu’il a imaginées. Cette prédominance ne doit pas faire oublier que la Loire a pu aussi à l’occasion imprimer la veine fluviale de quelques titres. Certes, elle s’impose dans le Voyage à reculons en Angleterre et en Ecosse comme voie naturelle qu’empruntent les deux héros pour se rendre à Bordeaux, mais son souvenir n’est pas loin lorsque le romancier évoque les grands fleuves américains, Mississipi, Saint-Laurent, Amazone et Orénoque, qui procurent une sorte de lenteur imprégnée de sagesse au voyage, dont le romancier a évoqué toutes les éventualités.

La Loire ? Il l’a donc bien connue, lorsqu’il la descendit vers l’estuaire mais aussi lorsqu’il gagnait Tours en pyroscaphe pour emprunter le train qui l’emmenait à Paris. Il eut même l’occasion de l’évoquer succinctement dans la rubrique Orographie-Hydrographie. En effet, admis définitivement dans l’écurie Hetzel, l’éditeur lui confia la rédaction d’un ouvrage de vulgarisation la Géographie illustrée de la France, pour laquelle il perçut des droits d’auteurs substantiels en 1868. C’est ainsi que resurgit, en boucle en quelque sorte, le fleuve à l’occasion de chaque département qu’il traverse, alimenté par ses nombreux tributaires. Le Maine-et-Loire et la Loire-inférieure sont donc dans cette perspective les derniers d’une liste qui comprend l’Ardèche, la Haute-Loire, la Loire, la Saône-et-Loire, la Nièvre, le Loiret, le Loir-et-Cher et l’Indre-et-Loire. Mais la lecture intégrale des cinq chapitres qui, réunis, composent ce qui est devenu les Pays de la Loire, reste toujours attrayante et constitue une curiosité qui ne fait pas tâche dans l’abondante série des guides de cette époque.



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