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L’origine du mot " bureau "


Le mot bureau apparaît régulièrement au XVIe siècle au sens de « table à écrire », notamment lorsqu’il s’agit d’administration et de compte. Le mot désignait une étoffe assez rude, propre à servir de tapis de table ou de vêtement pour les pauvres gens. C’est cet emploi que l’on retrouve dans ces quelques vers de Villon (Testament) : « Mieux vaut vivre sous gros bureau,/ Pauvre, qu’avoir été seigneur/ Et pourrir sous riche manteau ». Le mot est courant dès le XIIIe siècle alors que le simple « bure », qui vient du latin populaire bura, variante de bourra (> fr. « bourre »), n’est vraiment utilisé qu’à partir du XVIe siècle pour dénommer uniquement l’étoffe, « bureau » désignant de plus en plus la pièce où se trouvent la table de travail mais aussi le service et les personnes concernées.
Au XVIIe siècle le « bureau d’adresses » crée par Théophraste Renaudot, fondateur de la Gazette de France, joue le rôle de petites annonces. Quant aux « bureaux d’esprit », ils désignent de manière ironique les salons littéraires. Le « buraliste » est, à cette époque, le responsable d’un bureau dépendant des finances publiques. Au XVIIIe siècle, où se développe l’administration, le mot « bureaucratie » va désigner, avec son suffixe grec (cratie), le règne des bureaux.
Aujourd’hui, le sens d’étoffe a disparu dans les acceptions du mot mais « bureau » qualifie toujours un meuble conçu pour le travail de l’écriture, comme le bureau des écoliers, ainsi que le lieu d’un travail plus ou moins administratif. C’est dans ces acceptions qu’il est le plus usité. « On va le matin au bureau » mais dans la journée on effectue les opérations postales au « bureau de poste » et même on va au « bureau de tabac » pour acheter ses cigarettes et ses timbres.
(F. A.-D.)


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