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Un temps de saison : vents et pluies


Le temps est un sujet de préoccupation quotidienne mais le mot qui vient du latin tempus cumule les notions de durée et d’état météorologique que seul, tempestas exprimait. Parmi les effets désagréables du temps qui se rencontrent surtout en hiver et au mois de mars, notons le vent (ventus) qui porte des appellations particulières : l’aquilon et le zéphyr, empruntés au latin, la brise, d’étymologie obscure (peut-être un terme de marine venu de la Frise, la bise (bisa), le mistral (Le mot tempête est à rattacher à tempestas « temps qu’il fait » : c’est le gros temps, le vent fait de pluie et de bourrasques. L’ouragan, venu des Antilles, a pénétré dans le français au XVIe siècle à partir de l’espagnol huracon. Tornade est aussi emprunté à l’espagnol tornado, dérivé de tornar : « tourner » mais n’est entré qu’au XIXe s. en français. Le mot cyclone, quant à lui, est un néologisme du XIXe s. formé sur le grec kyklos « cercle ». Le typhon est réservé à l’Asie et emprunté à l’anglais typhoon qui le tenait du portugais tufao, lui-même provenant de l’arabe et du grec typhôn. Le mot orage est un dérivé de l’ancien français ore « vent » qui a d’abord signifié tempête avant de prendre au XVIe son sens moderne. Les romains désignaient les mêmes phénomènes par des noms plus précis : tonitrus, devenu tonnerre et fulgur à l’origine de la foudre. Mais le mot éclair est tiré du verbe éclairer, le latin fulmen n’ayant pas subsisté.

La pluie et le verbe pleuvoir viennent du latin mais des mots plus spécialisés désignent les pluies fines comme le crachin en Normandie. Si la pluie est forte, on dit qu’il pleut à verse (ou à la verse, XVIIe s.), qu’il s’agit d’une ondée (dérivé du mot poétique onde (unda). Les giboulées de mars (attesté en 1548) sont d’origine inconnue mais l’expression « il pleut des hallebardes » est transparente grâce à son image. La trombe d’eau (tromba), qui désigne un phénomène des mers tropicales, est employé de façon inexacte pour signifier « abat d’eau important ». La grêle et les grêlons sont dérivés de grêler qui vient de l’ancien francique *grisilôn. Mais ce n’est là qu’un aperçu des termes habituellement employés car on sait que les parlers courants et régionaux sont créatifs pour désigner les intempéries et imaginer des images suggestives.

Dans cette modeste revue, les mots-types, on le voit, sont d’origine latine alors que les désignations fines sont souvent des emprunts à d’autres langues, la tendance étant souvent d’exagérer les phénomènes observés.



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