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De quelques origines de nos couleurs


De quelques origines de nos couleurs

Les mots qui désignent les couleurs varient en fonction des peuples et des civilisations. Ainsi les grecs anciens, et même les romains, étaient plus sensibles aux impressions lumineuses qu’aux couleurs. Aussi un certain nombre de termes ont-ils été remplacés par des emprunts.
Nous avons gardé néanmoins des racines latines : « vert » vient de viridis, « noir » de niger, « jaune » de galbinus (vert pâle plus que jaune). Le mot ruber (rouge) a été remplacé par des formes apparentées comme rubeus qui a donné « rouge » en français, russus qui désigne le roux des cheveux. Au Moyen Age, c’est vermiculus (petit ver) qui a donné le mot « vermillon » : on obtenait en effet le rouge en écrasant certaines espèces de vers.
Plusieurs mots latins ont été remplacés par des emprunts germaniques qui ont donné « blanc » ou « bleu », par exemple. Le premier s’est imposé partout et il ne reste plus que des emplois spécifiques pour le mot « aube » ( : « l’aube du prêtre, l’aube du jour, l’aubépine ». Le second a prévalu sur caerelus (couleur du ciel). « Brun » est d’origine germanique et « gris » vient de l’allemand Greis (« vieillard ») qui a désigné d’abord la couleur des cheveux. L’Orient a fourni des mots plus spécialisés : « azur » qui a d’abord qualifié le lapis-lazuli, « écarlate » qui désigne une étoffe de grand prix avant de prendre au Moyen Age le sens de « rouge ». « Cramoisi » vient de kermes : un insecte qu’on broyait pour obtenir du rouge.
Le vocabulaire des couleurs s’est accru également d’un grand nombre de nuances venues des couleurs des fruits ou des fleurs : rose, violet, châtain, marron ou encore d’autres éléments de nature ou de civilisation : feu, aurore, gorge de pigeon, céladon, cognac, bordeaux…
La création des nuances est aussi le fait des artistes ou des publicitaires mais, luxuriantes, elles sont aussi parfois éphémères. (F. A-D)