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- De la notion de stéréotype en didactique des langues


Les stéréotypes, nous le savons, sont souvent perçus comme des représentations dévalorisantes. Mais d’où vient cette acception négative qui leur est généralement attribuée ?
Le terme même de stéréotype relève du domaine de la typographie. Il partage avec le cliché -autre terme d’origine typographique - sa nature d’objet reproductible à l’identique et à l’infini car il est le résultat d’un procédé novateur du XIXe siècle permettant l’usage de planches à caractères non mobiles et donc réutilisables. D’où l’idée que le stéréotype est une représentation figée de la langue, d’une attitude ou encore d’une opinion, le terme acquérant dès lors une acception négative.
Au XXe siècle, le concept connait dans les années cinquante une réhabilitation : la psychologie sociale, sans nier son caractère statique, met en avant l’utilité de ce type de représentation. En quoi le stéréotype peut-il bien être utile ? C’est qu’il constitue une image préexistante du « réel » essentielle à l’individu ce qui lui permet de saisir dans l’immédiat le monde qui l’entoure et de se comporter en conséquence. Aujourd’hui, ces deux notions coexistent.
Et, il en va ainsi en didactique des langues et plus particulièrement pour les contenus des manuels et des méthodes de langues. Dans le cadre du français par exemple, le recours à des stéréotypes a pour effet de proposer à l’apprenant une francophonie qui reste encore aujourd’hui largement franco-française et où les acteurs sociaux entretiennent des relations conventionnelles entre eux mais aussi avec leur environnement.
Toutefois, ici encore, les stéréotypes peuvent se révéler utiles et devenir des outils intéressants pour l’enseignement/apprentissage de l’interculturel. Ils sont d’ailleurs souvent assumés voire revendiqués par les auteurs des ouvrages. Pourquoi ? Justement parce qu’ils constituent ce point de départ de connaissance de l’autre qui ne peut s’arrêter à son image première. Pour en faire des alliés précieux, il est dès lors nécessaire qu’ils soient étudiés dans une perspective qui dépasse l’approche contrastive entre les langues et cultures et permette d’approfondir la réflexion sur la construction même de ce maillon essentiel de la communication interculturelle.
Béatrice Fontaine


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